mardi, 13 novembre 2007

Dernière note sur le Ladakh

Une petite note "dico" qui pourra aider ce qui partent au Ladakh :

Tout d'abord les chiffres:
1= CHIK
2= NYIS
3= SUM
4= ZHI
5= SNGA
6= TUK
7= DUN
8= GYAT
9= GU
10= CHU

Les interrogations:
Quand= NAM
Combien= TSAM
Quoi= CHI
Ou= KANE
Qui= SU
Pourquoi= CHIBA
Comment= KAZUK

Les lieux:
Maison= KHAMPA
Monastère= GOMPA
Montagne= RI
Route= LAM
Village= YUL

Les personnes:
Femme= PUMO
Homme= PUTSHA
Enfant= THU-GU

Et le reste :
Mauvais= TSOKPO
Bon= GYALLA
Beau= IDEMO
Près= NYEMO
Seul= CHIKPO
Loin= TARRING
Beaucoup= MAMGPO
Peu= TSAPIK
Thé= CHA
Abricot= CHULI
Lait= OMA
Difficile= KAKSPO
Facile= LAMO
Fatigué= NGALTE
Triste= TSERKA
Faim= STOKSA
Délicieux= ZHIMPO
Joyeux= SKITPO
Malade= ZUMO
Froid= TANGMO
Chaud, épicé= TSHANTE

Et pour finir, le croisement entre une vache et un yack s'appelle un DZO ou DZOMO suivant le sexe !

samedi, 13 octobre 2007

Mariage à Leh

Lors de notre séjour à Leh, nous avons eu la chance d’être invités à un mariage musulman. Jusqu’à présent, nous n’avions assistés qu’à des cérémonies indoues.

Dans un premier temps, la mariée, parée de ses plus beaux atours, fait le tour de la ville entourée de sa famille et de ses amies. Elle est applaudie par les passants et de la musique accompagne le cortège.

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Puis, nous nous sommes tous retrouvés sous de grandes tentes décorées ou tables, coussins et estrade étaient installés. A partir de ce moment là, les hommes et les femmes se séparent, chacun ayant sa tente attitrée. Les jeunes mariés ne se sont toujours pas rencontrés.

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Alors qu’Eric a passé une très bonne soirée ou il a pu manger (les hommes sont servis en premiers, les femmes attendent qu’ils aient fini de manger pour être servies à leur tour), boire et discuter à volonté avec les autres convives, je garde un souvenir plutôt mitigé de la mienne. Tout d’abord, contrairement à il y a quelques années, les mariages musulmans ne sont plus du tout dynamiques. J’ai passé plus de deux heures assise à regarder les étoiles ! Pas de musique pour animer la soirée, pas de chants ou de danses, rien pour égayer ou amuser les convives. En plus, les femmes assises à côté de moi ne parlaient pas un mot d’anglais.

J’ai tout de même pu entrevoir quelques passages de la cérémonie quand, au bout d’une heure, la famille et les amis proches se sont levés afin d’offrir à la mariée des écharpes de tissu blanc ou étaient tissés des symboles de chance ainsi que des billets de 10 roupies.
Au bout de 15 minutes, on ne voyait plus la jeune épouse qui avait disparu sous toutes ces écharpes ! Les demoiselles d’honneur sont alors venues la débarrasser de son fardeau. Puis, la famille fait le tour des invités pour les remercier d’être venus.

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A partir de ce moment là, les choses se sont corsées lorsqu’une amie de la famille est venue me voir pour me demander de quitter les lieux, la cérémonie étant privée. Je ne comprenais pas puisque j’avais été invitée par le cousin du marié mais bon, je n’allais pas faire un scandale. J’ai donc quitté la fête au moment ou Éric venait de terminer son repas. En apprenant cela, le cousin en question est allé voir cette amie pour lui dire qu’elle n’avait pas à m’exclure de la soirée et me pria de revenir. Mais restée seule, au milieu de convives ne parlant pas un mot d’anglais et sachant que je n’étais pas désirée, cela ne m’a pas inspiré grand-chose. J’ai préféré rentrer avec Eric.

Une demi-heure après, c’est le patriarche familial lui-même qui est venu me présenter ses excuses en m’apportant mon repas (délicieux !) à mon hôtel. Je lui ai assuré que je n’étais pas du tout vexée ni fâchée et je l’ai remercié pour cette attention qui m’a réconciliée avec ma soirée.

jeudi, 27 septembre 2007

Leh

Leh n’a pas en elle-même grand intérêt. Depuis l’ouverture du Ladakh au tourisme, la ville est devenue polluée tant par les gaz d’échappement que par le plastique jeté à tout-va par terre. L’été, de juin à septembre, la ville double son nombre d’habitants grâce aux touristes et villageois des différentes vallées qui se joignent aux autres commerçants pour la saison. Beaucoup des échoppes sont tenues par des indiens du Rajasthan, c’est pourquoi vous pouvez trouver toutes les spécialités de cette région.



Arrivée à Leh par les airs

La gompa principale, au cœur de la ville, vaut le détour, ainsi que ses sœurs dispatchées un peu partout dans la ville et sa campagne. Le palais est, personnellement, sans grand intérêt et la gompa se trouvant juste au-dessus, est le plus souvent fermée. Par contre, la visite à pied du vieux Leh est agréable. C’est ici que vous rencontrerez les villageois de souche qui auront un immense plaisir vous inviter prendre une tasse de thé.




Au Ladakh, le thé est salé et fait avec du beurre de Yack. Nous n’avons pas du tout appréciés, même Eric qui est pourtant un grand buveur de ce breuvage.

Même si dans cette région la pauvreté est moins omniprésente que dans le reste de l’Inde, nous avons vu des enfants des rues qui réclamaient quelques sous aux passants. Remarque intéressante, les mendiants étaient tous de type hindou et non ladakhi ou Inde du Nord.

La ville compte quelques mosquées dont une toute dernière en construction. Les riverains sont maintenant à majorité musulmans et des tensions bouddhistes-musulmans commencent à émerger. Nous logions juste derrière le quartier musulman, plus précisément, derrière le quartier des boulangers. Les fours fonctionnent du matin au soir, seuls les pains changent. Un peu sucré et avec un fruit confit dessus le matin et, plus salé et non décoré le soir. Les boulangers étaient très sympas et nous avons passé un bon moment en leur compagnie.




Nous avons essayé le camion stop, mode de transport très répandu au Ladakh. Nous attendions un bus au bord de la route avec un groupe de jeunes en sac à dos et nous ne connaissions pas les horaires de passage. Je n’avais pas envie d’attendre une ou deux heures car l’après midi se déroulait un match de polo en ville. Alors, lorsqu’un camion s’approcha de nous, je me suis mise au milieu de la route en faisant du stop. Coup de chance, le chauffeur s’arrêta et nous autorisa à monter à l’arrière. L’aventure vaut le coup !! Arrivés à mi-parcours, le camionneur nous explique qu’il finit sa livraison ici et chance extraordinaire… le bus pour Leh arrivait en même temps que nous au village. En deux-trois mouvements, nous nous sommes tous retrouvés dans le bus… qui était conduit par un gamin de 14 ans !!!!! Véridique !

Les gens du Ladakh sont adorables, aimables et accueillants. Les seuls qui gâchent cet environnement sont … les touristes !!!! Attention à ne pas confondre baroudeurs en sac à dos et touristes : les premiers voyagent écolo et avec un esprit ouvert, les seconds restent dans leurs hôtels 4 étoiles et ne sortent que pour empoisonner la vie des autres. Je suis désolée si j’en choque quelques uns mais jamais, pourtant j’ai voyagé, au non jamais je n’ai autant rencontré de C..s !!!!
Du genre, ils arrivent au dernier moment sur les lieux des animations culturelles (alors que nous, nous sommes là depuis 3 heures pour avoir une bonne place) et ils se placent juste devant vous, sans aucune gêne, vous empêchant alors de prendre vos photos (et il n’y a rien de pire pour moi). Ou encore, ils montent directement sur la scène pour prendre en photo les danseurs, s’assoient dans la tribune officielle, mettent leur objectif directement sur le visage d’une personne sans demander l’autorisation de prendre la photo, etc, etc.


lundi, 24 septembre 2007

Dah

Nous avons été très déçus par la vallée du Dah Hanu, non pas par les paysages magnifiques qui s’offraient à nous, différents après chaque virage, mais par les gens et leur mentalité.

Pour arriver à Dah, il faut compter environ 4 heures de route tortueuse depuis Lamayuru. 4 heures de voyage à travers un désert de pierres d’où émergent, tels des ilots dans un océan, les villages sous forme de grosses « taches vertes ».

Pour atteindre le village, une grimpette de 15 minutes est nécessaire depuis la route principale. D’emblée, vous plongez dans l’odeur des champs de tomates, de choux et de divers légumes. Le climat est très différent du reste du Ladakh et les champs sont fleuris et recouverts de milles et une couleurs. De temps en temps, un abricotier forme une arche au-dessus du chemin. Il n’y a qu’à tendre le bras pour se servir. Les fruits sont petits et jaune pâle, d’où notre première impression de fruits non mûrs. Mais, contrairement aux apparences, ils sont gouteux et juteux. A l’entrée du village, un pied de vigne aussi grand qu’un chêne nous souhaite la bienvenue en nous offrant ses grappes. Je n’ai jamais mangé un raisin aussi délicieux !

Les maisons ont été construites sur la falaise pour laisser la place en plaine à l’agriculture et aux potagers. Un ruisseau parcourt gaiment les différentes plantations. Sur ses berges, de la paille sèche au soleil. Les chèvres et moutons sont rentrés dans les étables. Il est midi, seuls 2 vieux sont assis sur la place du village, marmonnant des prières à l’aide de leurs moulins. Les femmes sont aux champs, les hommes en ville et les jeunes à l’école.




A peine mon appareil photo sorti de son étui qu’un homme s’approche de moi et m’annonce : « 10 roupies pour une photo, 100 pour que je mette mon habit traditionnel ». Ça met dans l’ambiance tout de suite… Je refuse, les autres touristes aussi. Ma philosophie ne me permet pas de donner de l’argent contre une photo. Un échange : oui, lui envoyer la photo : avec plaisir, s’installer autour d’un thé pour discuter : encore plus, mais donner de l’argent : non. Je lui propose alors d’acheter ses fruits et ses légumes. Il refuse, il veut juste de l’argent. Deux des touristes redescendent à la jeep et préfèrent quitter les lieux. Les deux israéliennes qui partagent notre voiture s’assoient et discutent avec la guide. Éric et moi partons faire le tour du lieu sans pouvoir toutefois prendre des portraits. La même mentalité se retrouve dans tout le village.

Dans un « arbre », deux hommes coupent du raisin. Plus loin, un groupe de jeunes cassent des pierres. Chaque maison possède son grenier et son enclos pour garder les bêtes. Au loin, nous entendons les bêlements d’un troupeau. Sur le toit plat d’une maison, un tout petit enfant joue avec des morceaux de bois pendant que sa mère étend le linge. De temps en temps, nous croisons un moulin à prière et même un petit temple.

D’après notre guide, la radinerie et le mépris des villageois n’est pas tout récent. Depuis que le Ladakh existe, ils ont très mauvaise réputation. Ce sont par exemple, les seuls habitants du Ladakh qui refusent de payer les impôts. De plus, lorsqu’ils se déplacent à Leh, ils ne saluent pas les gens et se refusent à tout remerciement.

Je me serai faite oubliée dans cet endroit si seulement les gens avaient été différents. Un petit paradis sur terre, un lieu unique ou la modernité et la société de consommation n’ont pas encore fait de ravages.

jeudi, 20 septembre 2007

Lac Pangong Tso

Pour aller au Lac Pangong Tso, il nous a fallu passer le 3ème plus haut col au monde à une altitude de 5289 mètres. Nous avons roulé pendant plus de 4 heures avant d’apercevoir le plus vaste lac salé d’Asie coincé entre deux chaines de montagnes. Le Lac est une frontière naturelle nous séparant de la Chine, d’où la présence militaire importante et l’interdiction de franchir la limite des 7 km alors que le lac s’étire sur plus de 130 km.




Sur la route, des tentes affichant les noms d’hôtel ou de restaurant sont dressées. Certaines possèdent des lits de camp, d’autres juste une ou deux chaises entourant une petite table en plastique.

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Eparpillées le long du mince filet d’eau serpentant la vallée, des fermes abritent des bergers et leurs familles. C’est bientôt la fin de l’été et les yacks ont bien profité de l’herbe tendre. Dans 15 jours, les nomades regagneront leurs villages pour y passer l’hiver.

Derrière nous, une file de jeeps transportant quelques touristes fortunés s’arrête. Des vitres tintées des voitures se devinent le crépitement de flash. Leur guide leur demande s’ils souhaitent faire la connaissance de ce berger avec qui je discute. La réponse a du être négative car la colonne motorisée reprend sa route. Dommage, ils ne savent pas ce qu’ils manquent.

De ces rencontres, j’ai ramené des magnifiques portraits et des souvenirs inoubliables. Une femme m’invite à rentrer dans sa hutte et me propose un thé. J’appelle Éric pour qu’il me rejoigne. La maisonnette est minuscule, une pièce seulement dont la majeure partie est occupée par des ustensiles de cuisine et un foyer central. Une forte odeur se dégage du lieu, pas désagréable mais inédite. Dans l’enclos d’à côté, une jeune fille se bat pour que son troupeau de chèvres rentre en ordre. Un peu plus haut, une femme trait une femelle yack dont les petits ont été écartés.





Sur la route, nous croisons des touristes en panne. Il est déjà 14heures, nous redescendons pour atteindre Leh avant la nuit. Eux ne sont toujours pas arrivés au lac et doivent se trouver à Leh dans la soirée. Nous leur souhaitons beaucoup de courage !!

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Nous sommes les seuls touristes qui voyageons en mini-van. Cela en surprend beaucoup, moi la première ! Comme quoi, plus c’est petit, plus c’est costaud !!
A un seul moment, nous avons du sortir de la voiture afin que le chauffeur puisse gravir une pente assez raide d’éboulis.

En chemin, nous croisons des hommes et femmes qui regoudronnent la route. En effet, vu sa position géographique et politique, la route menant au lac et la seule qui est entretenue toute l’année. Les autres voies de circulation sont délaissées des le 15 septembre.

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Sur le bord des routes, nous trouvons des panneaux de la sécurité routière indienne:

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Jusqu’à présent, le mal des montagnes nous avait épargné. Il nous rattrapa en force à la fin de la journée, lors de notre deuxième passage du col. Personnellement, j’ai cru que je ne finirais jamais le trajet. Une fois l’épreuve de la route interminable franchie, nous nous sommes jetés dans notre lit pour ne nous lever que le lendemain matin.

Note sur le mal des montagnes : Il traduit une mauvaise adaptation de l'organisme à l'altitude. Les symptômes sont variés : troubles du caractère, anxiété, oppression thoracique, insomnie, migraines, vertiges, bourdonnements d'oreille, palpitations, tachycardie, nausées, vomissements, lassitude, excitation etc. Dans les formes graves, il aboutit à un œdème cérébral ou à un œdème du poumon, les deux mortels en l'absence de traitement (oxygénothérapie).

Pour éviter d’être malade, il est conseillé de dormir à une altitude plus basse que celle à laquelle vous avez passé la journée.

mercredi, 19 septembre 2007

Matho

C’est à Matho que nous avons découvert pour la première fois les séances de prière des moines. Nous sommes arrivés au monastère en fin de journée, alors que le soleil se couchait derrière les montagnes encadrant la vallée. Sur la route, au pied de l’imposant bâtiment, des moinillons jouaient au foot. Pas facile dans leurs tenues ressemblant à une jupe dont un pan serait rabattu sur une épaule !

Matho est en pleine rénovation. La cour du monastère est remplie de sacs de ciments, de poutres en bois et d’ouvriers tibétains. Nous avons ainsi eu la chance de voir en œuvre la construction d’une imposante statue représentant un bouddha. Autrefois, seuls les moines bouddhistes pouvaient sculpter et peindre les représentations de Bouddha. Aujourd’hui, "les traditions se perdant et les jeunes moines étant beaucoup plus fainéants" (dixit un vieux lama), ce sont les ouvriers tibétains qui ont la tâche de faire revivre les trésors du passé.

« Les moines ne sont plus ce qu’ils étaient ». Nous avions entendu cette phrase à mainte reprise durant notre séjour à Leh et nous n’en comprenions pas le sens … Jusqu’à ce jour là. Personnellement, je pensais, peut-être à cause de tous ces reportages et films sur la vie des moines bouddhistes vus lorsque j’étais plus jeune, qu’un monk était quelqu’un qui était détaché de la société de consommation, une personne qui vivait en harmonie avec la nature et son environnement. Et bien je me trompais ! Les jeunes moines qui priaient ce jour là étaient tous habillés avec des marques (Nike, Adidas et autres), portaient des lunettes de soleil (il faudra m’expliquer leur utilité à l’intérieur du monastère) et jouaient avec leurs téléphones portables !! Seuls les plus anciens avaient l’air de prendre au sérieux ce moment de rencontre solitaire avec Bouddha.


mardi, 18 septembre 2007

Hemis

Pour aller à Hemis, nous avons traversé des dizaines d’hectares de champs de blé. Le paysage était magnifique, tout d’or et de vert sur les terres et ocre et gris sur les hauteurs.

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Dans certaines parcelles, des paysans moissonnaient soit par groupe, soit par couple, tout en entonnant des airs pour se donner courage. Nous entendions la mélodie de leurs chants à travers les vitres fermées de la voiture.

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Nous sommes arrivés au monastère au moment de la pause repas, ce qui nous a permis nous aussi de nous poser pour casser la croute.

Tous les monastères ferment leurs portes entre midi et deux heures. La scène qui s’y déroule alors est assez comique : le plus âgé des « moinillons » va dans la cuisine et ramène une énorme marmite de riz et de légumes. Pendant ce temps, les autres enfants moines se mettent en file indienne en tenant leurs bols, les plus jeunes devant. Dans une calme plutôt joyeux, celui qui a la charge de la distribution remplit les écuelles une par une. Puis arrive le tour de la boisson : ce jour-ci, coca-cola pour tout le monde ! Même au fin fond du Ladakh, à plus de 3500 mètres d’altitude, la boisson américaine à ses fans. Pour une question d’hygiène, les lèvres ne doivent pas toucher les rebords de la bouteille. Le plus âgé verse alors directement le liquide dans la bouche des ses petits copains, soit une gorgée équitable pour tout le monde ! Comme une maman oiseau avec ses oisillons. S’il en reste encore, les plus jeunes seront servis en priorité.

Les jeunes garçons peuvent être envoyés au monastère des 5 ou 6 ans. C’est un choix commun: celui de la famille de l’enfant, celui de l’enfant et celui du monastère. Une fois rattaché à un monastère, le jeune y passe toute sa formation. Ce n’est seulement qu’une fois formé, qu’il pourra demander à changer de lieu. Sa demande sera alors examinée par un conseil de lamas.
Pour les filles, c’est un peu différent : elles ne sont confiées à un monastère que vers leurs 11-12 ans. De plus, jusqu’à récemment, elles restaient chez elles, il n’y avait pas de monastère pour femmes. Depuis peu, le Head Lama du Ladakh a décidé que c’étaient mieux pour elles d’être dans un endroit clos pour prier. Petit à petit, des monastères sont construits pour les accueillir. C’est pourquoi vous ne visiterez pas de monastère pour nones au Ladakh, la majorité étant neufs ou en construction.

Hemis est l’un des monastères les plus visités du Ladakh, c’est d’ailleurs ici que nous avons rencontré le plus de touristes. Devant la porte principale, un jeune moine vendait les tickets d’entrée ainsi que des cd de musique traditionnelle. A notre arrivée, il était étendu de tout son long sur la table en bois et dormait !


lundi, 17 septembre 2007

Shey et Taktok

Le lendemain de notre arrivée, nous partions pour notre première découverte monastique en choisissant le circuit Matho, Hemis, Taktok et Shey, au sud de Leh.

Nous avons préféré nous faire accompagner par une guide locale, afin que je puisse lui poser toutes mes questions relatives à mon photo-reportage. Jeune étudiante en énergies renouvelables, Angmo (prononcer Angmu) se révéla être d’une aide très précieuse : connaissant tous les monastères et moines du Ladakh, elle nous permit de rentrer dans des salles fermées au public, de discuter avec les monks (moines bouddhistes) et de prendre autant de photos que je le souhaitais !

Nous commençâmes notre journée par le Monastère de Shey, ancien palais d’été des rois du Ladakh, aujourd’hui délaissé au profit de monastères bien plus grands et décorés. Le lieu n’est gardé que par deux moines dont le plus âgé a fêté ses 100 ans ! Il dort à même le sol dans une petite alcôve de la cour principale et se cuisine lui-même ses repas avec les offrandes offertes par les visiteurs. Souvent, le thé est son seul met. A l’intérieur de la salle principale trône un bouddha de cuivre haut de 12 mètres.





Sur la route nous menant au Monastères de Taktok, nous sommes passés devant la résidence du Dalaï Lama que nous avons ratée de peu. En effet, la coutume veut que le Dalaï Lama vienne séjourner un mois au Ladakh tous les ans et cette année, c’était au mois d’aout.

Un peu plus loin, des paysans ramenaient chez eux la récolte de foin pour l’hiver. L’herbe est stockée sur les toits des maisons afin d’éviter que les yacks et autres brouteurs ne viennent la déguster prématurément. Chaque famille possède au minimum un yack ou une vache pour le lait et quelques volailles.

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Après deux heures d’une route qui me sembla interminable (c’est fou comme les distances qui me paraissent toutes petites sur le guide sont en réalité immenses !), nous asommes arrivés au Monastère de Taktok, l’unique gompa (monastère) de la haute vallée de l’Indus (fleuve du Ladakh) relevant de l’ordre nyingmapa. L’édifice fut bâti autour d’une grotte qui sert de salle de recueillement pour les moines lors d’hivers trop rudes.

Tous les monastères sont divisés en deux parties, l’une d’été et l’autre d’hiver. La première a un sol de béton et de ciment, la deuxième un sol en bois et un plafond de paille pour retenir la chaleur et éviter le froid.

Un seul moine était présent lors de notre venue et très aimablement, il nous a fait entrer dans la grotte ouverte depuis peu aux femmes. Il y a un an encore, seuls les hommes pouvaient y pénétrer. Mais devant la demande des touristes et des locaux, le Head Lama (le moine en chef du monastère) y a fait une cérémonie permettant ainsi aux femmes de pouvoir admirer ce lieu, un des plus anciens de la région. La salle d’hiver était en rénovation lors de notre passage.


mercredi, 12 septembre 2007

Mercredi 29 aout, arrivée à Leh

Nous avons atterri au Ladakh un mercredi matin à 7h30 épuisés mais de l’air frais plein les narines. Cet air frais des montagnes, vierge de toute pollution, de tout diesel… quel bonheur !
Le ciel est beau avec, malgré l’heure matinale, un beau soleil rouge flamboyant. L’endroit nous semble minuscule comparé à Bangalore et ses 8 millions d’habitants.

A notre descente de l’avion nous attendait un régiment de militaires qui criaient à tout va : « pas de photos ! » aux touristes trop audacieux. Une fois les bagages récupérés et l’enregistrement auprès de l’office de tourisme effectué, nous faisons officiellement nos premiers pas dans cette région perdue au cœur de l’Himalaya qu’est le Ladakh.
Alors qu’une masse de touristes restent pantois devant la porte de sortie de l’aéroport, nous nous faufilâmes entre deux travées vers le guichet des taxis prépayés. « Old Ladakh Guest House » demanda Eric. Un homme au visage sympathique nous demande alors de le suivre. Je l’aime bien, il est souriant et un air de bon vivant. Pas de rickshaws à cette altitude, ils ne supporteraient pas les températures hivernales (-35°c l’hiver dernier), mais des mini-vans bien pratiques lorsque l’on arrive chargé comme de mulets.

Après avoir admiré la ville de haut, nous découvrons Leh du bas. Tout est encore endormi, les stores des boutiques sont abaissés et les écoliers encore endormis. Seules quelques personnes âgées se promènent les mains croisées derrière le dos.
Arrivés à notre hôtel, le jeune patron nous apprend qu’un mariage doit s’y dérouler pendant les 5 jours qui suivent. Il nous assure notre chambre mais pas le silence nécessaire à notre repos.
Il nous propose une guest house d’un cousin qui se situe à quelques dizaines de mètres, nous acceptons l’offre.
A peine arrivés dans notre havre de paix pour les 10 prochains jours, nous tombons exténués sur notre lit pour ne rouvrir les yeux que 4 heures plus tard, vers midi.

Le réveil est plutôt difficile et j’aurais tendance à vouloir assommer le téléphone qui nous crie « debout, le soleil est déjà haut dans le ciel ! ». On voit que ce n’est pas lui qui a passé sa nuit à l’aéroport de Delhi. Nous filons vers la salle de bain et, à notre grande joie, de l’eau chaude coule du vieux robinet rouillé qui sert de douche. Ce sera la seule fois que ces tuyauteries nous offriront une eau suffisamment chaude pour que j’accepte de me laver.

Après nous être rafraichis, nous partons à l’aventure dans les ruelles de la capitale du Ladakh. tric téléphone à l’agence de voyage que j’ai repérée dans des forums de voyageurs sur internet. L’homme nous donne rendez-vous à 17h00 ce qui nous laisse le temps de trouver quelques restos sympathiques et une échoppe qui vend de l’eau bouillie ainsi que des délicieux jus de fruits.

Le plastique est une véritable calamité au Ladakh. Inexistant il y a encore quelques années, il a fait son apparition avec les premiers touristes. Depuis, nombre de bouteilles et autres déchets jonchent les rues et les cours d’eau. Pour limiter cette catastrophe, les autorités demandent à chacun de remplir ses bouteilles avec de l’eau préalablement bouillie. Aucun risque sanitaire, l’affaire est sûre et sans risque.

17h00 arrive, nous voilà installés autour d’une table, une tasse de thé fumante devant nous à mon plus grand désespoir. Encore du thé ! Je n’en serai jamais débarrassée. Pourquoi pas du café au lait ou un bon chocolat chaud ? Me préparant à mon énième BA de l’année (je n’aime vraiment pas le thé) quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que j’adorais le gout de la boisson. Ce fut la première, et malheureusement la dernière fois, que je bus une tasse de thé sans rechigner.
Tundup fut très professionnel et écouta nos envies et nos besoins. Du coup, nous repartîmes ce soir là avec un planning pour les 10 prochains jours.

Tsarap Himalayan Adventures
Fort Road, Munshi Complex p.o. box n°136
Leh 194101 Ladakh

email: adventure_zanskar_leh@yahoo.co.in

www.tsrapadaventureszanskar.com