mardi, 11 mars 2008
Rani et Sunil
Rani est une petite fille pétillante de 9 ans qui vit dans un des bidonvilles construit par la ville. Son immeuble a été démoli il y a 3 ans à la suite d’accidents qui ont couté la vie à plusieurs personnes avec une promesse d’un relogement rapide. Mais depuis, plus rien, à part le terrain ou se tenait l’immeuble, toujours vague.
Rani vit avec son père, tailleur, sa mère, gardienne, et ses deux grandes sœurs. L’aînée travaille dans un bureau et est fiancée. Elle attend de pouvoir payer sa dot pour pouvoir organiser le mariage. La deuxième, Menaka, est en dernière année à Parikrma et pour mieux préparer ses exams cruciaux dans le choix de son université, elle est pensionnaire dans une autre école que sa jeune sœur. J’ai eu la chance de la rencontrer alors qu’elle revenait chez elle chercher des médicaments car elle est épileptique. La famille est aussi composée d’une très grande sœur qui a disparu. Sa famille est sans nouvelle d’elle depuis plusieurs années.

Sunil, 9 ans aussi, est beaucoup plus timide. Ce gaillard vit avec son père, alcoolique, et son grand frère, Kartjik, dans le même bidonville que Rani. Il n’aime pas trop sourire mais apprécie beaucoup les ballades en voiture ! Je pense qu’il me faudra un peu de temps pour qu’il soit naturel devant mon objectif. Kartjik est dans la même classe que Menaka et dort aussi au pensionnat jusqu’à ses examens, le 21 mars.

On croise les doigts pour eux !
Pour ceux qui continueront les études, Parikrma possède un collège, équivalent de notre université, à Yelahanka.
Le bidonville dans lequel vivent Rani et Sunil est un des plus pauvres que j’ai eu l’occasion de visiter. Ici, seul le sol est en dur. Les murs et le toit sont en tôle, ce qui transforme les abris en four géant en cette période. Deux citernes distribuent de l’eau mais l’une d’elle est percée. Des femmes essayent comme elles peuvent de sauver le maximum d’eau en remplissant des seaux en plastiques. Deux blocs de toilettes entourent le campement. Les habitants doivent payer pour y aller ! Disséminés un peu partout, des murs de toiles ont été installés pour servir de douche aux femmes et leur offrir un minimum d’intimité.


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