dimanche, 08 juillet 2007

Dimanche 8 juillet

Frustration et colère, voici mes sentiments après ma visite à l’orphelinat. Aujourd’hui, nous devions organiser un loto géant avec les filles, 12 jeux de 3 parties chacun. La sœur était prévenue, les lots achetés et les petites prêtes avec leurs 15 petits cailloux devant servir de pions.

La première partie commence et tout se passe bien même si les filles chahutent un peu. La première quine est remportée, puis la double quine suivie du carton. Les gagnantes sont ravies et les autres encore plus quand elles comprennent que l’on continu le jeu. Seul bémol, lorsque la sœur frappe avec un bâton une petite qui s’était trompée dans les numéros.

A partir de ce moment là, la situation se corse, la sœur ne s’attendant pas à ce que le jeu continu. Lorsque la deuxième partie finie et que les filles nettoient leurs cartons pour la troisième, la sœur quitte la salle. Nous ne la reverrons qu’une demi-heure après pour me demander d’arrêter le jeu. Les filles sont en « temps libre » depuis une heure, c’est suffisant, il faut recommencer à travailler. Je note que lors de notre arrivée, les petites étaient toutes devant des livres de classe et que nous sommes dimanche après-midi, seul jour de la semaine où il n’y a pas école.

Cris des filles, colère des plus grandes, déception des plus jeunes, la sœur ne veut rien entendre, « reprenez vos devoirs ». Je demande alors à lui parler, une boule au fond de la gorge (une semaine que j’attendais impatiemment cette journée). Nous sommes à peine assis qu’un thé nous est servi accompagné de bananes à la kéralaise (cuite dans de l’huile de noix de coco et séchées au soleil). A ma grande surprise, la sœur se jette dessus et mange goulûment (les petites n’ont pas de goûter). La bouche pleine, elle nous explique que les filles ont, le samedi soir et le dimanche soir, droit à une heure de télévision et que cela est suffisant comme distraction. D’ailleurs, elles adorent ça. Ah bon, parce que jamais aucune des petites ne nous en a parlé, par contre, elles sont ravies de nous voir et d’aller courir dehors. Elle nous fait comprendre poliment qu’elle nous accorde par politesse un droit de visite d’une heure par week-end et que nous distrayons suffisamment les filles. De plus, elle refuse notre proposition d’emmener 5 ou 6 filles jouer au rugby les samedi en prenant pour prétexte qu’elles ont font déjà à l’école.
Une heure par semaine … et comment j’organise ma journée à Fun World, mes sorties au bowling et au cinéma ??????

Eric me dit d’être patiente, ce sont les tous premiers contacts et qu’il lui faut plus de temps pour nous connaître. Mouai, ce travail, je l’avais déjà fait avec la précédente et ça n’avait pas été une partie de plaisir.

Moi, ce que je trouve anormal c’est qu’au bout d’un mois, la sœur ne connaisse toujours pas les prénoms des filles et ne les reconnaisse pas sur les photos (sans blague, comme si mes portraits n’étaient pas bons !).

Alors ma sœur, est-ce la conduite du Seigneur qui vous oblige à frapper Vos filles avec un bâton et à leur interdire de vivre ?

Écrire un commentaire