mardi, 22 août 2006

administrations indiennes

L’administration indienne est un chef d’œuvre qu'il faudrait immortaliser par un film, comique bien sûr, bien que par certains moments, nous trouvions sa logique plutôt dramatique…

Un exemple : valider son permis international en Inde.
Jour J : bureaux fermés pour cause indéterminée, "revenez lundi".
Lundi : bureaux fermés pour cause de vacances. "Revenez la semaine prochaine".
J+7 : arrivée à 10 heures, heure officielle d’ouverture des offices. Les premiers employés arrivent vers midi. Ballade de guichet en guichet, personne ne sait comment valider un permis étranger. Au bout d’une heure, Éric apprend qu’il faut qu’il aille voir l’officier supérieur qui arrive dans moins d’une heure. Deux heures après, l’officier arrive, lui donne deux papiers et lui dit qu’il faudra repasser avec ces documents remplis. Question : pourquoi durant ces trois heures passées dans les locaux, personne ne lui a donné ces pièces ? Retour à la maison (heureusement, les guichets ne se trouvent qu’à 15 min en voiture), je rejoins Éric dans son périple indien (j’ai cours d’anglais tous les lundi et mercredi matin). A 15 heures, nous sommes tous les deux devant le bureau de l’officier principal. Après avoir réfléchit durant 10 minutes, celui-ci nous donne le feu vert, Éric peut passer l’examen de conduite. De nouveau une heure d’attente, heureusement que nous sommes deux, nous discutons de tout et de rien pour passer le temps. L’heure de l’examen de conduite arrive, l’inspecteur décide de prendre notre voiture au grand soulagement d’Éric qui l’a déjà conduite plusieurs fois pour rentrer à Sobha. Durée de l’examen : 5 minutes, montre en main !! Éric n’a fait que 300 mètres en marche avant et 200 en marche arrière, avec notre chauffeur pour le guider ! Bref, à 16h30, les papiers étaient enfin remplis, signés et tamponnés, Éric pourra récupérer son permis le 24 août.
6 heures d’attente interminable, 10 fonctionnaires rencontrés, 1001 incompréhensions et 3 papiers signés, voici l’administration indienne …

Bien sûr, il est facile de critiquer et je l’avoue, j’y prends un certain plaisir, cela me permettant d’évacuer toutes mes frustrations d’occidentale vivant en Inde. Mais, en y regardant d’un peu plus prêt, en s’arrêtant deux minutes pour observer ce qui nous entoure, on ravale sa colère et on comprend. On saisit cette immobilité indienne, cette inaction que l’on qualifie d’incompétence. L’immeuble administratif à des murs décrépis, jaunis et sales, des fenêtres aux carreaux brisés, un seul ventilateur accroché au plafond, une dizaine de bureaux pour 50 employés, une armoire pour 50 000 dossiers et un ordinateur datant de Mathusalem, vivant ses dernières heures dans un coin, oublié de tous. Le tout baigné dans une lumière jaunâtre et une odeur pestilentielle provenant des toilettes du couloir. Et je ne parle pas du salaire qui doit autant motiver que 10 coups de fouet !

Alors, après cette expérience unique qu’est le passage par une administration indienne, je n’ai qu’une chose à dire, prenez votre mal en patience, ceux qui y travaillent sont beaucoup plus mal lotis que nous.

Commentaires

Bonjour,

Nous aussi sommes arrivés en juin de cette année et je dois dire qu'en parcourant ton blog, je nous revois dans les memes situations que vous avez véçu.

Nous allons ouvrir une boulangerie française à Bangalore d'ici le mois de Novembre, je me charge de l'étude de marché concernant les expatriés.

Je cherche à rencontrer le maximum de français et d'européens afin de cibler au mieux leurs goûts et attentes concernant les produits liés à la boulangerie.

Peut être aurais tu des contacts sur Bangalore ou toi même voudrais tu entrer en contact avec moi afin d'en discuter (ne t'inquiète pas ce ne sera pas du harcèlement, il y aura même peut être de la dégustation de croissants !) ?

Voici mon adresse mail : baradeladeline@yahoo.fr (nous vivons bien évidemment à Bangalore)

Merci

Ecrit par : Adeline | lundi, 28 août 2006

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